Publications

Faire des sciences sociales en Palestine. Oppression militaire et mondialisation académique

Vincent Romani

Karthala, 2016, 414 pages.

Oppression, violence politique et chaos institutionnel qualifient trop souvent le quotidien des Palestiniens. Même s’ils détiennent une tradition universitaire et scientifique solidement ancrée, comment peuvent-ils faire des sciences sociales, à la fois autochtones et autonomes, dans un contexte privé de paix, de libertés et d’État ? Comment définissent-ils leurs disciplines alors qu’ils sont militairement occupés, opprimés et colonisés ? Comment ces scientifiques et universitaires peuvent-ils se former, se recruter et travailler tout en étant emprisonnés dans leurs enclaves ? Et enfin, comment le nationalisme de survie, qui étreint chaque Palestinien, oriente ou permet-il l’élaboration de projets académiques ?

Reposant sur plusieurs années de recherches de terrain, notamment pendant le soulèvement palestinien – Intifada Al-Aqsa – de 2000 à 2005, ce livre permet de répondre, en expliquant les mécanismes disciplinaires et universitaires fonctionnant sous contrainte coercitive permanente. Il permet de comprendre ce qui pousse des Palestiniens à embrasser la profession de chercheur et d’enseignant en sciences sociales depuis les années soixante-dix. L’espace universitaire des Territoires occupés et l’espace disciplinaire des sciences sociales sont analysés ici au prisme de trajectoires d’individus en forte ascension sociale, dans le cadre d’une oppression collective bientôt centenaire.

Mettant en relation science politique et sociologie des sciences, cet ouvrage contribue à une anthropologie politique des sciences sociales. Il montre que nationalisme et dépendance scientifique constituent des ressources de survie individuelle et collective, en maintenant une connexion constante entre les universitaires palestiniens et l’espace international des sciences sociales.

Consultez l’entrevue accordée par Vincent Romani sur les ondes de Canal Savoir.

Les Conditions du dialogue au Québec

Sous la direction de Alain-G. Gagnon et Jean-Charles St-Louis

Québec Amérique, 2016, 296 pages.

Au lendemain des débats qui ont tiraillé la société québécoise au sujet des valeurs devant guider la cohabitation dans les espaces publics, le temps est venu de faire le point sur les termes du dialogue et sur les conditions pouvant en faciliter la réalisation. Les essais qui composent ce recueil entendent non seulement tracer un portrait des défis à relever à cet égard, mais aussi éclairer les avenues favorisant l’approfondissement d’un dialogue riche et porteur pour tous les citoyens. Caractérisés depuis le milieu des années 1960 par la quête de politiques plus équitables et par la concertation des différents intervenants, le régime de citoyenneté québécois et ses modes de délibération sont aujourd’hui mis à mal. En outre, l’esprit d’échange, de conciliation et de réciprocité qui a fait la force de l’approche québécoise dans le domaine des relations interculturelles semble s’affaiblir, à un point tel que le gouvernement du Québec hésite encore à adopter l’interculturalisme en tant que projet politique rassembleur. L’idée d’une citoyenneté québécoise pluraliste axée sur le dialogue, la reconnaissance et la participation est remise en question, tant dans le débat public que dans la sphère de la politique partisane. Issues des études politiques, de la philosophie, de l’histoire, de la science des religions, des études littéraires et du droit, les différentes perspectives réunies dans cet ouvrage visent à alimenter la réflexion sur la démocratisation des échanges publics et sur la cohabitation dans une société plurielle.

Une chronique de la démocratie ordinaire. Les comités de citoyens au Québec et en France

Caroline Patsias

Presses de l’Université de Montréal, 2016, 272 pages.

Construite sur une séparation entre la vie publique et la vie privée, la politique moderne a façonné l’espace public comme un lieu de transition entre les deux sphères. À la première, les discussions sur les grands enjeux économiques et sociaux ; à la seconde, les conversations intimes sur les émotions et la quotidienneté. Toutefois, selon certains, le dialogue guidé par l’esprit public se serait désormais évaporé. Dans cette chronique, Caroline Patsias revêt des habits d’ethnologue et explore les questions soulevées au cours de ses enquêtes auprès de groupes de citoyens en France et au Québec. Comment ces derniers, soucieux d’améliorer la vie de leur quartier, se politisent-ils ou, au contraire, évitent-ils le politique ? Comment nouent-ils des relations avec leurs institutions ? Comment parlent-ils politiquement de la vie en commun et où le font-ils ? Pour répondre à ces questions, l’auteure a prêté une oreille attentive tant aux propos tenus en public qu’à ceux tenus en privé de citoyens « ordinaires » et de leurs dirigeants. Elle livre ici le fruit de ses réflexions qui intéresseront tous les gens attachés à comprendre les transformations de la démocratie.

Movies, Myth, and the National Security State

Dan O’Meara, Alex Macleod, Frédérick Gagnon et David Grondin

Lynne Rienner, 2016, 293 pages.

While analysts may agree that Hollywood movies have always both mirrored and helped to shape the tenor of their times, the question remains: Just how do they do it? And how do we identify the underlying political/ideological content of a film?

Movies, Myth, and the National Security State answers these questions, exploring how Hollywood movies have served to propagate, or to debate, or sometimes to challenge the evolving US national security state since 1945. Drawing on more than a thousand films—and focusing in detail on 48 films that address key issues confronting the US and its sense of self and role in the world—the authors provide insights into US political life as it has developed across some seven decades.

Les transformations des politiques de coopération. Secteurs agricoles et miniers au Canada et en France

Sous la direction de Bonnie Campbell, Jean-Jacques Gabas, Denis Pesche et Vincent Ribier

Presses de l’Université du Québec, 2016, 204 pages.

Au cours des décennies écoulées, les politiques de coopération au développement des États dits du Nord ont connu de profondes transformations. Celles-ci s’expliquent par la place croissante de nouveaux acteurs étatiques (Chine, Brésil, Inde…) et privés (fondations, entreprises…). Parallèlement, le régime international de l’aide et de la coopération a évolué dans un sens libéral. Ces différentes grandes lignes d’évolution entraînent une forte diversité des politiques selon les secteurs et les pays. Il est nécessaire pour identifier ces transformations de procéder à des analyses plus fines.

Les contributions de cet ouvrage ont été conduites selon une approche pluridisciplinaire (des sciences politiques à la sociologie, en passant par l’économie), seule susceptible de traiter les processus complexes régissant les politiques de coopération. En effet, ces dernières supposent la prise en compte de multiples niveaux (multilatéral, bilatéral, local) et de jeux d’acteurs aux comportements et intérêts divergents.

Pour mener à bien ces recherches dans les cas du Canada et de la France, des pays a priori très différents quant à leurs traditions administratives et à leur histoire, cet ouvrage se concentre sur l’étude de deux secteurs clés pour un grand nombre de pays les moins avancés (PMA) : l’agriculture et les mines. Il ressort de cet examen que la longue histoire de coopération menée par ces deux pays pèse fortement sur leurs politiques actuelles. Malgré un contexte international où les règles et les normes tendent à s’homogénéiser, les politiques de coopération du Canada et de la France apparaissent toujours marquées par leurs traditions économiques et sociales.

Minority Nations in the Age of Uncertainty: New Paths to National Emancipation and Empowerment

Alain-G. Gagnon

University of Toronto Press, 2014, 176 pages. Traductions en Turc, Kurde et en Galicien, 2016.

For thirty years, Alain-G. Gagnon has been one of the world’s leading experts on federalism and multinational democracies. In Minority Nations in the Age of Uncertainty, he presents an articulate and accessible introduction to the ways in which minority nations have begun to empower themselves in a global environment that is increasingly hostile to national minorities.

Comparing conditions in Quebec, Catalonia, and Scotland, Gagnon offers six interrelated essays on national minorities, processes of accommodation, and autonomy and self-determination within a modern democratic context. Based on a long career of scholarly study and public engagement, he argues that self-determination for these “nations without states” is best achieved through intercultural engagement and negotiation within the federal system, rather than through independence movements.

Already translated into fifteen languages from the original French, Minority Nations in the Age of Uncertainty is an essential text on the theory of multinational federalism and the politics of minority nations.This edition also features a foreword by noted political scientist and philosopher James Tully that discusses the significance of Gagnon’s work.

Federal Democracies

Sous la direction de Michael Burgess et Alain-G. Gagnon

Routledge, 2010, 368 pages. Traduction en Turc, 2016.

Federal Democracies examines the evolution of the relationship between federalism and democracy. Taking the late 18th century US Federal Experience as its starting-point, the book uses the contributions of Calhoun, Bryce and Proudhon as 19th century conceptual prisms through which we can witness the challenges and changes made to the meaning of this relationship. The book then goes on to provide a series of case studies to examine contemporary examples of federalism and includes chapters on Canada, USA, Russia, Germany, Spain, Belgium, Switzerland and the emerging European Union. It features two further case studies on Minority Nations and a Federal Europe, and concludes with two chapters providing comparative empirical and theoretical perspectives, and comparative reflections on federalism and democracy.

Département de science politique

Institution de premier plan, le Département de science politique accueille près de 800 étudiants inscrits aux trois cycles d’études et se compose de 36 professeurs dont l’expertise couvre tous les champs disciplinaires de la science politique.

Coordonnées

Département de science politique
Local A-3405
400, rue Sainte-Catherine Est
Montréal (Québec) H2L 2C5

Suivez-nous