• Allison Harell entre au Collège de nouveaux chercheurs de la Société royale du Canada

Publications

Le travail colonial. Engagés et autres mains-d’œuvre migrantes dans les empires 1850-1950

Sous la direction de Eric Guerassimoff et Issiaka Mandé

Riveneuve Éditions, 2016, 560 pages.

L’histoire du travail colonial s’est développée vigoureusement dans les pays du Sud depuis la fin du XXe siècle. Elle replace au centre la figure du colonisé, non seulement comme victime, mais aussi comme agent à part entière des sociétés coloniales. C’est dans cette dernière perspective que les contributions réunies dans le présent volume veulent s’inscrire. Ces études soulignent spécialement l’expérience de l’engagisme, la forme dominante entre 1850 et 1950 de ces relations de travail, examinent avec attention les moyens déployés par les engagés pour s’adapter à la coercition, ou bien y résister, et parfois, tourner les circonstances à leur avantage, dans les espaces coloniaux diversifiés (Antilles, océan Indien, Asie, Pacifique). Situées au carrefour de la recherche récente en histoire des migrations internationales au Sud et en histoire globale du travail, ces études ambitionnent de préciser le rôle joué par les institutions, les employeurs et l’intervention des migrants eux-mêmes dans la constitution des marchés coloniaux du travail.

La peur du peuple. Agoraphobie et agoraphilie politiques

Francis Dupuis-Déri

Lux, 2016, 464 pages.

Zapatistes, altermondialistes, Indignés, Occupy, Printemps érable et Nuit debout. Alors que ces mouvements populaires sont présentés par certains comme l’incarnation de l’idéal de la démocratie directe, d’autres n’y voient que des mobilisations certes sympathiques mais insignifiantes, quand ils ne tentent pas de les discréditer en les associant à la violence.

S’appuyant sur une très bonne connaissance de ces expériences politiques ainsi que de l’histoire des pratiques démocratiques, y compris hors de l’Occident, Francis Dupuis-Déri propose une réflexion inspirée et critique. Il présente de manière dynamique la lutte entre l’agoraphobie et l’agoraphilie politiques, soit la haine et l’amour de la démocratie directe, dévoilant les arguments et les manœuvres des deux camps. Il discute aussi du rapport délicat entre le peuple assemblé à l’agora pour délibérer (le dêmos) et celui qui descend dans la rue pour manifester, voire pour s’insurger (la plèbe). Cet ouvrage à la fois original et provocateur est d’autant plus stimulant qu’il se situe à la croisée des chemins entre la philosophie politique, l’anthropologie et la sociologie.

Au nom de la sécurité ! Criminalisation de la contestation et pathologisation des marges

Sous la direction de Diane Lamoureux et Francis Dupuis-Déri

Prologue, 2016, 191 pages.

L’espace démocratique se rétrécit, particulièrement pour les personnes qui sont les cibles des profilages racial, social et politique. La décennie au pou­ voir du gouvernement conservateur a laissé des traces profondes. La démo­ cratie en a fait les frais?: entre autres, il y a une crise de la légitimité parlemen­ taire, un affaiblissement du pouvoir de contestation de la société civile et une austérité sélective…

Les libertés publiques et privées sont attaquées de toute part du fait d’un impératif sécuritaire, qui prétexte sou­ vent la lutte au terrorisme. Au gré des lois spéciales et d’un usage abusif de divers règlements, les droits de grève et de manifestation tendent à disparaître. Le quadrillage sécuritaire du territoire et des populations est en constante progression : surveillance électroni­ que, caméras de surveillance dans les lieux publics, restriction des libertés individuelles, arrestations préventives, certificats de sécurité, infiltration poli­ cière des groupes militants, censure, restriction du droit de manifester, tout cela met à mal les libertés politiques conquises de haute lutte par les mobili­ sations antérieures.

Le monde néolibéral nous conduit à une lutte des classes inversée : aujourd’hui, ce sont les classes domi­ nantes qui se mobilisent pour étendre leurs privilèges.

Cet ouvrage collectif porte une atten­ tion particulière à la criminalisation de l’opposition, en revenant par exemple sur la grève étudiante de 2012 au Québec et l’histoire des lois spéciales, sur les mobilisations autochtones réprimées au moyen de la force et sur la pathologisation de la « différence », laquelle apparaît comme une menace : les musulmanes certes, mais aussi les pauvres et les personnes en souf­ france psychologique. Criminalisation et pathologisation participent d’une vision sécuritaire du social, par laquelle les élites politiques ou économiques « gèrent » la société.

La responsabilité sociale des entreprises dans le secteur minier

Sous la direction de Bonnie Campbell et Myriam Laforce

Presses de l’Université du Québec, 2016, 278 pages.

À la faveur de la demande toujours croissante des métaux et minéraux, l’industrie minière ne cesse d’étendre ses activités vers des régions éloignées des grands centres souvent mal desservies en matière de services publics et habitées par des populations parfois marginalisées. Cette expansion amène une intensification des débats portant sur la responsabilité sociale qu’ont – ou que devraient avoir – les entreprises extractives à l’égard des communautés locales et nationales qui accueillent leurs projets d’investissement. Ce mouvement n’est pas étranger au besoin de redéfinir les formes d’encadrement de cette industrie de pointe ni à l’importance d’ouvrir des espaces de débat sur cette question, surtout dans le contexte de la libéralisation des économies et de désengagement des États.

Cet ouvrage propose un portrait des débats entourant la responsabilité sociale des entreprises. Il présente un état des lieux des stratégies des acteurs privés, publics et multilatéraux par l’entremise d’études de terrain effectuées dans certains pays miniers d’Afrique. En se penchant sur des initiatives qui ont comme objectif d’assainir les pratiques minières au Ghana, au Mali et en République démocratique du Congo, les auteurs soulignent l’importance de l’ouverture d’espaces politiques par l’implication des acteurs auparavant exclus – communautés locales et pouvoirs publics –, en promouvant une plus grande transparence, la reddition de comptes, et l’accès à l’information. Car c’est à partir de tels éléments, et notamment la participation des populations aux processus de décision, de suivi et, si nécessaire, de redressement, que les enjeux de légitimité des activités des compagnies pourront être résolus de manière durable.

Canadian Parties in Transition, 4e édition

Sous la direction de Alain-G. Gagnon et Brian Tanguay

University of Toronto Press, 2016, 512 pages.

Canadian Parties in Transition examines the transformation of party politics in Canada and the possible shape the party system might take in the near future. With chapters written by an outstanding team of political scientists, the book presents a multi-faceted image of party dynamics, electoral behaviour, political marketing, and representative democracy.

The fourth edition has been thoroughly updated and includes fifteen new chapters and several new contributors. The new material covers topics such as the return to power of the Liberal Party, voting politics in Quebec, women in Canadian political parties, political campaigning, digital party politics, and municipal party politics.

Migración y ciudadanía: construyendo naciones en América del Norte

Theresa Alfaro-Velcamp, Julian Durazo-Herrmann, Erike Pani et Catherine Vézina

El Colegio de México, 2016, 280 pages.

Les essais réunis dans ce livre proposent une vision panoramique des lois d’immigration et de naturalisation adoptées par les trois pays de l’Amérique du Nord —le Canada, les États-Unis et le Mexique— depuis leur constitution en tant qu’État jusqu’au XXIe siècle. Ces essais suivent l’évolution des règles qui régulaient l’arrivée des étrangers et leur transformation en citoyens dans chacun de ces pays. Ils explorent aussi comment des conceptions de la raison d’État et du bien commun, ainsi que des préjugés de race et de classe interagissent avec des conflits bureaucratiques internes et des pressions externes pour façonner les processus d’admission et d’intégration des nouveaux arrivants en Amérique du Nord. Malgré leurs différences, le statut d’étranger, l’immigration et l’acquisition de la citoyenneté ont tous été des éléments centraux du débat public dans ces trois pays, d’ailleurs voisins. Au-delà de trois histoires parallèles, la perspective régionale de cet ouvrage révèle un passé densément imbriqué, voire partagé, et permet de jeter des nouveaux regards sur le processus toujours conflictuel de la construction des États-nations.

Les black blocs. La liberté et l’égalité se manifestent, 2e édition

Francis Dupuis-Déri

Lux, 2016, 356 pages.

Apparue à Berlin-Ouest au début des années 1980, fréquemment employée après le Sommet de l’OMC à Seattle en 1999, la tactique du black bloc connaît un nouvel essor depuis 2010. Des black blocs ont pris la rue lors des manifestations contre le G20 à Toronto, lors du Printemps arabe, pendant le mouvement Occupy et celui des Indignés, lors des récentes grèves étudiantes au Québec, de la campagne contre la vie chère au Brésil, etc.

Cagoulés, vêtus de noir et s’attaquant souvent aux symboles du capitalisme et de l’État, les black blocs sont présentés par les voix dominantes au mieux comme des « casseurs » apolitiques s’adonnant à la destruction par pure jouissance du chaos, au pire comme de dangereux « terroristes ».

Ce livre, paru pour la première fois en 2003 et dont la présente édition offre une mise à jour, sera utile à qui veut comprendre l’origine de ce phénomène, sa dynamique et ses objectifs. Alliant observations de terrain, entretiens avec des militants et réflexion éthique et politique, Francis Dupuis-Déri inscrit les black blocs dans la tradition anarchiste de l’action directe.

La Conférence de Québec de 1864, 150 ans plus tard. Comprendre l’émergence de la fédération canadienne

Sous la direction de Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Guy Laforest

Presses de l’Université Laval, 2016, 284 pages.

Les grands événements de notre histoire méritent d’être rappelés et mieux compris. La communauté savante des sciences humaines et sociales doit se sentir interpellée au premier chef dans tout grand dessein visant à revivifier la mémoire historique, mais un tel projet ne peut évidemment être que pluridisciplinaire.

Le présent ouvrage et les contributions qu’il rassemble s’inscrivent dans un renouveau d’intérêt historiographique pour le parcours constitutionnel du Québec et du Canada, et pour le fédéralisme des vingt dernières années. Nous croyons qu’une compréhension mieux contextualisée des 72 Résolutions de Québec de 1864 est cruciale à l’interprétation de l’architecture interne de l’édifice constitutionnel canadien contemporain. Ce nouveau bilan interprétatif est essentiel pour prendre la mesure des avancées faites par le Canada au cours des 150 dernières années au chapitre de la mise en place d’un fédéralisme sans cesse en transition et de projets nationaux en tension au sein de la fédération.

Faire des sciences sociales en Palestine. Oppression militaire et mondialisation académique

Vincent Romani

Karthala, 2016, 414 pages.

Oppression, violence politique et chaos institutionnel qualifient trop souvent le quotidien des Palestiniens. Même s’ils détiennent une tradition universitaire et scientifique solidement ancrée, comment peuvent-ils faire des sciences sociales, à la fois autochtones et autonomes, dans un contexte privé de paix, de libertés et d’État ? Comment définissent-ils leurs disciplines alors qu’ils sont militairement occupés, opprimés et colonisés ? Comment ces scientifiques et universitaires peuvent-ils se former, se recruter et travailler tout en étant emprisonnés dans leurs enclaves ? Et enfin, comment le nationalisme de survie, qui étreint chaque Palestinien, oriente ou permet-il l’élaboration de projets académiques ?

Reposant sur plusieurs années de recherches de terrain, notamment pendant le soulèvement palestinien – Intifada Al-Aqsa – de 2000 à 2005, ce livre permet de répondre, en expliquant les mécanismes disciplinaires et universitaires fonctionnant sous contrainte coercitive permanente. Il permet de comprendre ce qui pousse des Palestiniens à embrasser la profession de chercheur et d’enseignant en sciences sociales depuis les années soixante-dix. L’espace universitaire des Territoires occupés et l’espace disciplinaire des sciences sociales sont analysés ici au prisme de trajectoires d’individus en forte ascension sociale, dans le cadre d’une oppression collective bientôt centenaire.

Mettant en relation science politique et sociologie des sciences, cet ouvrage contribue à une anthropologie politique des sciences sociales. Il montre que nationalisme et dépendance scientifique constituent des ressources de survie individuelle et collective, en maintenant une connexion constante entre les universitaires palestiniens et l’espace international des sciences sociales.

Consultez l’entrevue accordée par Vincent Romani sur les ondes de Canal Savoir.

Les Conditions du dialogue au Québec

Sous la direction de Alain-G. Gagnon et Jean-Charles St-Louis

Québec Amérique, 2016, 296 pages.

Au lendemain des débats qui ont tiraillé la société québécoise au sujet des valeurs devant guider la cohabitation dans les espaces publics, le temps est venu de faire le point sur les termes du dialogue et sur les conditions pouvant en faciliter la réalisation. Les essais qui composent ce recueil entendent non seulement tracer un portrait des défis à relever à cet égard, mais aussi éclairer les avenues favorisant l’approfondissement d’un dialogue riche et porteur pour tous les citoyens. Caractérisés depuis le milieu des années 1960 par la quête de politiques plus équitables et par la concertation des différents intervenants, le régime de citoyenneté québécois et ses modes de délibération sont aujourd’hui mis à mal. En outre, l’esprit d’échange, de conciliation et de réciprocité qui a fait la force de l’approche québécoise dans le domaine des relations interculturelles semble s’affaiblir, à un point tel que le gouvernement du Québec hésite encore à adopter l’interculturalisme en tant que projet politique rassembleur. L’idée d’une citoyenneté québécoise pluraliste axée sur le dialogue, la reconnaissance et la participation est remise en question, tant dans le débat public que dans la sphère de la politique partisane. Issues des études politiques, de la philosophie, de l’histoire, de la science des religions, des études littéraires et du droit, les différentes perspectives réunies dans cet ouvrage visent à alimenter la réflexion sur la démocratisation des échanges publics et sur la cohabitation dans une société plurielle.

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Institution de premier plan, le Département de science politique accueille près de 800 étudiants inscrits aux trois cycles d’études et se compose de 36 professeurs dont l’expertise couvre tous les champs disciplinaires de la science politique.

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