Au nom de la sécurité ! Criminalisation de la contestation et pathologisation des marges

Sous la direction de Diane Lamoureux et Francis Dupuis-Déri

Prologue, 2016, 191 pages.

L’espace démocratique se rétrécit, particulièrement pour les personnes qui sont les cibles des profilages racial, social et politique. La décennie au pou­ voir du gouvernement conservateur a laissé des traces profondes. La démo­ cratie en a fait les frais?: entre autres, il y a une crise de la légitimité parlemen­ taire, un affaiblissement du pouvoir de contestation de la société civile et une austérité sélective…

Les libertés publiques et privées sont attaquées de toute part du fait d’un impératif sécuritaire, qui prétexte sou­ vent la lutte au terrorisme. Au gré des lois spéciales et d’un usage abusif de divers règlements, les droits de grève et de manifestation tendent à disparaître. Le quadrillage sécuritaire du territoire et des populations est en constante progression : surveillance électroni­ que, caméras de surveillance dans les lieux publics, restriction des libertés individuelles, arrestations préventives, certificats de sécurité, infiltration poli­ cière des groupes militants, censure, restriction du droit de manifester, tout cela met à mal les libertés politiques conquises de haute lutte par les mobili­ sations antérieures.

Le monde néolibéral nous conduit à une lutte des classes inversée : aujourd’hui, ce sont les classes domi­ nantes qui se mobilisent pour étendre leurs privilèges.

Cet ouvrage collectif porte une atten­ tion particulière à la criminalisation de l’opposition, en revenant par exemple sur la grève étudiante de 2012 au Québec et l’histoire des lois spéciales, sur les mobilisations autochtones réprimées au moyen de la force et sur la pathologisation de la « différence », laquelle apparaît comme une menace : les musulmanes certes, mais aussi les pauvres et les personnes en souf­ france psychologique. Criminalisation et pathologisation participent d’une vision sécuritaire du social, par laquelle les élites politiques ou économiques « gèrent » la société.

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