Retour sur le colloque “Femmes et enjeux féministes : Partage de savoirs”

Colloque organisé par le Collectif femmes aux cycles supérieurs et l’IREF, les 5, 6 et 7 mars 2019

Nos beau macarons avec le logo du collectif et l’identité visuelle du colloque – faits par Stéphanie Bernier 

Les 5, 6 et 7 mars dernier s’est déroulé la seconde édition du colloque Femmes et en jeux féministes : Partage de savoirs organisé par le collectif Femmes aux cycles supérieurs en collaboration avec l’Institut de recherche et d’études féministes de l’UQAM. 

Mot d’ouverture du colloque – Conférence sur la santé mentale aux cycles supérieurs (sur la photo – de gauche à droite – Naomie Léonard, Véronique Pronovost, Céline Hequet et Kharoll-Ann Souffrant)

Nous aimerions souligner avec fierté le succès et le bon déroulement de cet événement mis en place par et pour les étudiantes. Ce colloque fait partie des diverses initiatives mises sur pied par le collectif afin de créer des espaces de solidarité et d’échange – de savoirs, de pratiques et/ou d’expériences – afin de repenser les rapports de pouvoir dans l’enceinte universitaire, ou encore de donner de la visibilité aux recherches effectuées et aux réalités vécues par la pluralité de femmes qui y œuvrent.

L’objectif du colloque était d’offrir l’opportunité à des étudiantes-chercheuses, nouvellement arrivées ou bien ancrées dans le milieu, à prendre la parole en public, afin de nous partager leurs réflexions sur les différents sujets qui les stimulent et les pousse à avancer dans le milieu universitaire.

C’était un moment de bouillonnement intellectuel ou multiples thématiques et disciplines se rencontrent alors qu’elles ne s’étaient peut-être jamais croisées auparavant. En études féministes, comme dans la vie, l’inter et la transdisciplinarité est une richesse. Quoi que peu mis de l’avant par les recherches traditionnelles, l’inter et la transdisciplinarité deviennent des incontournables afin de rendre compte de la complexité des sujets étudiés.

La salle était à son comble pour la conférence sur les enjeux de santé mentale aux cycles supérieurs organisée par Véronique Pronovost avec la participation de Kharoll-Ann Souffrant et de Céline Hequet. Nous remercions par ailleurs la rayonnante Marie-Sissi Labrèche pour sa lecture publique haute en couleur. Il faut également souligner le courage de ces prises de paroles vu le caractère très personnel des partages. Définitivement, il s’agit d’un sujet qui fait écho dans l’esprit de bien des gens. Il faut en parler d’avantage et donner de la visibilité afin de briser l’impression d’isolement et d’exclusion que vivent tellement d’étudiantes et d’étudiants. 

Volet présentations artistiques 

S’en est suivi du nouveau volet du colloque, soit les présentations artistiques, qui a été un franc succès. Cela a permis d’inclure les recherches artistiques au cœur des pratiques en arts et dans les autres domaines souvent mis de côtés dans les contextes de colloques scientifiques. Nous avons eu le plaisir d’entendre et de voir des chercheuses parler de leurs performances ainsi que de leurs démarches littéraires et en arts visuels. Elles ont partagé avec générosité et conviction la manière dont leurs recherches théoriques s’insèrent dans leurs pratiques artistiques et vice et versa, le tout dans un esprit d’ouverture et de convivialité. 

Ensuite, nous avons pu assister à des panels sur des sujets variés, voire hétéroclites. Peut-être les liens ne se présentaient pas de façon évidente, mais une lecture transversale des enjeux a toujours sa pertinence. Le premier panel explorait l’influence des occupations, soit à travers la critique du sexisme dans les milieux anarchistes des squats à Calais, le rôle invisible qu’occupent les femmes dans la révolution irlandaise et les effets des migrations sur les symboliques de représentations des protagonistes mythiques. Le second panel a fait une brillante revue de l’importance de politiser, d’intégrer une perspective historique et une lunette d’analyse en termes de rapports sociaux aux différents discours (ouvertement haineux, humoristiques ou photographiques). Le troisième panel, à travers les exemples des dysfonctionnalités dans les centres désignés pour les personnes ayant subies des agressions sexuelles, l’accessibilité difficile à des traitements de physiothérapies pour la rééducation périnéale et pelviennes et les aspects genrés de la surcharge mentale dans les milieux professionnels, dénonçait implicitement les violences institutionnelles, la non-valorisation des métiers liées aux tâches de careet la néolibéralisation du travail. Le dernier panel a su aborder l’importance de l’intégration des épistémologies ancrées en milieu universitaire afin de rendre visibles et légitimes des sujets d’études historiquement invisibilisés, en plus de mettre de l’avant l’importance des expériences personnelles et du rapport au sensible et à l’émotion en recherche. 

Panel Violences et pratiques discursives (de gauche à droite) Sophie-Anne Morency, Myriam Bernet, Sarah-Florence Benjamin et Annvor Vestrheim.

La recherche ne peut plus se permettre d’être auto-prophétique dans sa tour d’ivoire, elle doit confronter les réalités et leurs interconnexions afin de faire un peu plus sens chaque jour du monde que nous habitons et qui nous habite en retour. Et par faire sens, il ne s’agit pas de trouver une équation universelle et désintéressée qui explique ceci ou cela, mais plutôt de penser en termes d’engagement et de justice sociale (qui, à notre avis, intègre la justice environnementale) afin de repenser et re-acter notre monde. Soit en le déconstruisant, évidemment en le décolonisant, peut-être en le dé-modernisant, mais certainement en le transformant, en commençant par nous même avec l’adoption d’une démarche réflexive en recherche.

Sarah Thibault lors de sa présentation sur le panel Rendre compte des réalités: l’importance des perspectives ancrées

La Faculté de science politique et droit désire ainsi féliciter et remercier ses membres prenant part à l’organisation de cet événement soit Naomie Léonard, Charline Robert-Lamy, Mélanie Radilla, Annabelle Podlasiewicz, Gabrielle Dionne-Legendre, Sabrina Clermont-Letendre, Marie-Lee Beauregard, Rosalie Côté-Tremblay et Mieko Tarrius. 

Nous aimerions également souligner les prises de parole de Sarah Thibault, Mélissa Castilloux, Myriam Bernet, Annvor Vestrheim, Sarah-Florence Benjamin et Sophie-Anne Morency. 

Crédits photos : Vicky Métayer.

Département de science politique

Institution de premier plan, le Département de science politique accueille près de 800 étudiants inscrits aux trois cycles d’études et se compose de 36 professeurs dont l’expertise couvre tous les champs disciplinaires de la science politique.

Suivez-nous

Coordonnées

Département de science politique
Local A-3405
400, rue Sainte-Catherine Est
Montréal (Québec) H2L 2C5