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Conférence-discussion, « Une femme à Berlin » : la guerre des femmes

Conférence-discussion sur le traitement des violences sexuelles envers les femmes
Vendredi 18 novembre 2016 à compter de 17h.
Local DS-1950, Pavillon De Sève, UQAM

Invitées : Brigitte Haentjens et Sandrine Ricci.
Animation : Béatrice Venne, étudiante au baccalauréat en droit et militante féministe, membre du Collectif féminismes et droit UQAM

La pièce Une femme à Berlin présentée à l'Espace Go jusqu’au 19 novembre* aborde, sous la direction de la metteure en scène Brigitte Haentjens, les représailles subies par les femmes lorsque l'Armée rouge entre en Allemagne à la victoire de la Seconde Guerre mondiale. Le texte de la pièce est celui de Marta Hillers, dans un journal écrit du 20 avril au 22 juin 1945. Elle est 100 000. C’est le chiffre qu’on avance pour le nombre de femmes allemandes violées pendant la période d’occupation. Quand commence le Journal, la ville est encerclée par les Soviets; déferlent les vainqueurs, tous ces guerriers qui réclament leur repos et s'approprient leur butin. Le journal de Marta Hillers est pour elle un outil de survie, une des stratégies pour échapper au statut de victime. Ce texte est repris dans une représentation à quatre voix, dans un jeu de relais, où la parole rebondit tout le temps pour transmettre le courage et la résilience de ces femmes qui « couchent pour manger ».

Cette conférence-discussion a pour but, partant de ce contexte d’écriture, de « faire de la parole de Marta Hillers un lieu de vie et de vigilance toujours actif pour notre présent », pour reprendre les mots de Brigitte Haentjens. Elle a pour but de prolonger encore les résonances du spectacle en faisant le pont entre le processus artistique, le féminisme et la catégorisation que propose le droit. Comment traite-t-on les violences sexuelles envers les femmes dans le contexte de conflit armé? de plaintes d’agressions sexuelles? d’un continuum de violences qui visent spécifiquement les femmes? Est-ce pertinent que ces violences, ou ces crimes, soient traités dans une catégorie à part, dans une catégorie à part entière? Les invité-e-s seront appelé-e-s à discuter des problématiques contemporaines des violences sexuelles faites aux femmes, dans le contexte de conflits armés, et dans la réalité quotidienne de femmes, ici, aujourd’hui.

L'événement prendra la forme d'un 5 à 7, des boissons et des bouchées seront servies.

BRIGITTE HAENTJENS, directrice générale et artistique de la compagnie de théâtre Sibyllines et metteure en scène de la pièce. Au sein de sa compagnie, Brigitte Haentjens s’intéresse aux écritures politiques et poétiques du répertoire contemporain. Ses pièces questionnent les notions de pouvoir, d’asservissement et donc de liberté, tout en interrogeant sans relâche le rapport à la corporalité, la sexualité et l’intimité. D’ailleurs, peu de compagnies de théâtre ont autant mis de l’avant la création féminine. Ainsi, au fil des ans, Brigitte Haentjens a mis en scène les mots de Sarah Kane, Louise Dupré, Sylvia Plath, Sophie Calle, Ingeborg Bachmann et d’autres.

SANDRINE RICCI, sociologue et chargée de cours à l'Université du Québec à Montréal. Son projet doctoral porte sur la culture du viol en milieu universitaire. Elle a par ailleurs publié le livre « Avant de tuer les femmes, vous devez les violer ! Rapports de sexe et génocide des Tutsi » en 2014, et, en 2012, une étude intitulée « La traite des femmes à des fins d’exploitation sexuelle : entre déni et invisibilité ». Plus récemment, elle compte parmi les auteures de l’ouvrage collectif intitulé « Le sujet du féministe est-il blanc ? Femmes racisées et recherche féministe ». Elle est aussi coordonnatrice du Réseau québécois en études féministes depuis sa fondation en 2011.

LE COLLECTIF FÉMINISMES ET DROIT est né d'une prise de conscience, partagée par des étudiantes en droit, de la discrimination, du sexisme et du machisme véhiculés dans une culture juridique dominante, qui prend d’abord racine au sein des Facultés et Département de sciences juridiques. Partageant le besoin de nous solidariser et d’adopter un point de vue critique face à nos études et face aux milieux que nous sommes appelées à investir en y intégrant une perspective de genre, nous avons fait le pari de nous tenir debout et de jouer un rôle actif dans la transformation de la culture universitaire. Nous nous organisons de manière non-mixte, ce qui permet la prise de pouvoir des femmes elles-mêmes. Nos actions et activités s’adressent, de manière générale, autant aux femmes qu’aux hommes et visent à développer une culture sensible aux enjeux féministes.

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